La spiruline : microalgue, grand potentiel

Qu’est-ce que la spiruline ?

La spiruline est une microalgue qui se trouve à la frontière des 3 grands règnes (végétal, animal, bactérie) : elle effectue le processus de photosynthèse, elle est dépourvue de paroi cellulosique, elle ne contient pas de noyau (organisme procaryote).

Elle fait partie de la petite famille des cyanobactéries, également appelées algues bleues, elles sont l’une des plus anciennes formes de vie sur Terre.

Arthrospira platensis est le nom latin de la spiruline, il détermine également sa classification biologique : genre et espèce.

Véritable concentré naturel [1] de vitamines, de fer, d’antioxydants, de protéines végétales énergisantes, d’oligo-éléments, de bêta-carotène, de pigments végétaux, de sels minéraux, d’acides gras essentiels, d’acides aminés…, elle possède la composition la plus complète comparativement à tous les autres végétaux et sources animales.

La spiruline est la synthèse d’une multitude de substances saines sous leur forme brute et dans un rapport équilibré.

On la consomme sous forme séchée tel un complément alimentaire du fait de ses bienfaits nutritionnels tout à fait remarquables. Elle est le champion des aliments de santé, d’immunité et de vitalité.

À la différence des suppléments de l’industrie pharmaceutique, il s’agit là d’un « simple » aliment naturel et non transformé.

spiruline citation Ripley D. Fox
Selon l’UNESCO, c’est :

L’aliment idéal et le plus complet de demain.

Pour l’OMS :

Il s’agit du meilleur aliment pour l’humanité au 21ème siècle.

La spiruline, un aliment à haut potentiel

Spiruline en comprimés

Spiruline pure séchée et conditionnée sous forme de comprimés

Malgré des assiettes remplies à chaque repas, les problèmes de santé dans nos pays industrialisés sont légion.
Les principales raisons sont d’ordre alimentaire mais également liées aux modes de vie (stress constant, manque d’exercice…).
Il devient de plus en plus important de créer un équilibre et de fournir à l’organisme des nutriments de haute qualité.

La spiruline est un excellent moyen pour l’Homme moderne de rester en forme et en activité.
Elle contient de l’énergie pure, un large spectre de vitamines, pigments (phycocyanine notamment) et substances hautement saines, dont la composition naturelle apporte un important soutien au système immunitaire.

C’est l’interaction particulière qui se crée entre ces substances qui rend la spiruline si particulière : elles agissent en synergie et se complètent dans leurs propriétés bénéfiques.

Une algue bleue unicellulaire millénaire

Apparue sur notre planète il y a plus de 3 milliards d’années, la spiruline appartient à la famille des cyanobactéries (algues bleues) – comme vu précédemment – et non à celle des algues.
Néanmoins, contrairement à toutes les définitions scientifiques, le terme inexact « algue » s’est solidement établi dans le langage courant.

Le milieu aquatique naturel de la spiruline est principalement composé d’eau douce, alcaline et saumâtre, elle ne contient ainsi pas d’iode.

« Spiruline » fait référence aux filaments en forme de spirales et petits ressorts qu’il est possible d’apercevoir au microscope.

A l’origine, la spiruline provient de lacs volcaniques chauds et riches en soude. Quiconque cherche aujourd’hui de la spiruline dans la nature en trouvera là où presque rien d’autre ne pousse. Elle est à l’aise dans les lacs tropicaux et subtropicaux alcalins d’Afrique orientale et centrale, d’Asie et d’Amérique centrale, qui se caractérisent par une forte concentration en sel de 10 à 20 %. Dans les zones subtropicales, les algues sont cultivées, à grande échelle, dans des fermes aquacoles.

Outre la chlorophylle, pigment végétal vert, la spiruline doit sa couleur bleu-vert au pigment phycocyanine.
Les cyanobactéries, y compris la spiruline, sont les seules bactéries qui, comme toutes les autres plantes, sont capables de produire de l’oxygène et des substances organiques à partir du dioxyde de carbone et à l’aide de la lumière du soleil.
En d’autres termes, elles sont capables du processus de photosynthèse, phénomène si typique des organismes végétaux.

L’utilisation de la spiruline au fil des siècles

illustration de culture de la spiruline par les Aztèques Les Mayas et les Aztèques d’Amérique centrale utilisaient déjà la Spiruline dans leur alimentation courante.
On dit que les algues ont été si importantes pour la nutrition à cette époque que le déclin de la civilisation Maya à la fin du IXe siècle y est associé.

Les Aztèques avaient bien compris l’importance de la nourriture. Les pêcheurs récoltaient la spiruline avec des filets à mailles fines puis la laissaient sécher au soleil. Ils transformaient ensuite la spiruline en petits pains ou gâteaux, appelés tecuitlatl.

Après la conquête de l’Amérique centrale par les Espagnols au début du XVIe siècle et la prise en main de l’Empire aztèque, beaucoup de ces lacs salés ont été drainés pour obtenir des pâturages et des terres arables. L’époque des algues était révolue.

Aujourd’hui, la spiruline ne pousse que dans le lac Texcoco au Mexique. Pour les autres lacs du Mexique, la terre est maintenant stérile.

Ainsi, l’importance des algues en tant qu’aliment de haute qualité en Amérique centrale a été peu à peu oubliée.

La situation est différente au lac Tchad au Nigeria où la microalgue se développe naturellement. Là-bas, les membres de la tribu Kanembu se nourrissent encore de spiruline. Comme les Aztèques, ils l’écument à la surface du lac, la laissent sécher au soleil et forment des « dihés », des gâteaux plats et durs qu’ils proposent sur les marchés locaux. La spiruline est également destinée aux femmes enceintes et pour les périodes de pénurie alimentaire.

L’avantage de cet aliment favori de la tribu Kanembu est qu’il se conserve longtemps, même par une chaleur extrême.
Le « dihé » est par ailleurs un ajout populaire dans les soupes et les sauces.

La prise de conscience des atouts de la spiruline par les pays occidentaux

La culture des microalgues ne s’est pas vraiment développée dans les pays industrialisés occidentaux avant les années 60.
Le déclencheur a été un rapport du botaniste belge Jean Leonard, que ce dernier a écrit lors d’une expédition au Sahara.
Il contenait des informations sur les repas à base de spiruline, de la tribu nigériane.

bol de comprimés de spiruline

Comprimés en vrac

Les chercheurs [2] s’y sont vite intéressés et des expériences scientifiques sur la culture de la spiruline ont été menées en France et au Japon dans l’espoir d’utiliser les microalgues pour résoudre la problématique alimentaire mondiale.
Il est devenu rapidement évident qu’il s’agissait, avec la spiruline, de l’une des sources les plus abondantes de protéines de haute qualité, de substances vitales et vitamines que la nature est en mesure d’offrir.

Aujourd’hui, la spiruline n’est pas cultivée à partir de lacs salés, mais produite dans des fermes aquacoles souvent modernes dans les régions subtropicales et tropicales du monde : sur l’île ensoleillée d’Hawaii ainsi qu’en Californie et en Australie, au Costa Rica, au Chili, en Chine, en Inde, en Israël, en Thaïlande, à Taïwan et au Vietnam. Elle est également de plus en plus produite en France, notamment dans le sud du pays.

Pour prospérer, la spiruline a seulement besoin d’ingrédients naturels : la lumière du soleil, le dioxyde de carbone, l’eau et les minéraux. Pour se développer de manière optimale, elle nécessite des températures d’eau entre 25 et 38 degrés celsius, beaucoup de lumière et de l’eau toute l’année avec une teneur en sels minéraux de 15% et un pH élevé de 9 à 11.

Dans les systèmes clos des fermes aquacoles, une spiruline de qualité constante peut être garantie, contrairement aux eaux naturelles.
Les algues sont ainsi produites [3] dans des bassins à ciel ouvert ou sous serres. La qualité de l’eau dans ces aquacultures peut être facilement surveillée et contrôlée.

La spiruline est également produite avec grand intérêt, sous l’impulsion d’associations humanitaires, dans les pays du tiers-monde pour le traitement de la malnutrition protéino-énergétique et dans sa prévention.

Dans une toute autre perspective, la NASA et l’ESA (avec le programme MELISSA) s’y intéressent avec comme projet de notamment la cultiver en milieu fermé (navettes spatiales) et de nourrir les astronautes lors des missions longues.

La spiruline : complément alimentaire naturel

Depuis plus d’une vingtaine d’années, l’algue bleue est cultivée dans le monde entier. À partir de 1997, la spiruline d’espèce Arthrospira platensis figure dans le catalogue novel food instauré par la commission européenne (CE n°258/97).

Dans les pays occidentaux, elle est achetée en tant que complément alimentaire 100% naturel. Son intérêt est très vaste puisqu’elle agit sur l’ensemble du système immunitaire.
La spiruline est principalement consommée sous forme de comprimés, mais aussi parfois en granulés et en poudre.

De nombreuses recherches [4] [5] [6] ont été menées et ont étudié ses potentiels effets sur des maladies comme le diabète, les maladies du foie, les problèmes cardiaques, les allergies, le cancer etc.
En Russie, elle est considérée comme « aliment thérapeutique » dans le traitement des malades irradiés après la catastrophe de Tchernobyl. En France nous sommes encore peu nombreux à connaître ce joyau de la nature alors que le Japon est le premier consommateur mondial.

S’agissant d’un élément des plus primitifs, il n’est pas possible de déposer de brevet à la spiruline. C’est ainsi qu’elle intéresse peu les investisseurs de l’industrie du médicament et de l’agroalimentaire qui voient d’un assez mauvais oeil les produits naturels.

comparatif nutritionnel de la spiruline

Le modèle écologique de la spiruline

Le véritable potentiel de la spiruline pour l'environnement

Comment satisfaire les besoins nutritionnels et énergétiques d’une population mondiale qui ne cesse de croître, sans pour autant détruire ce qui reste de la planète et de la nature ?

Dans leur ouvrage intitulé La spiruline, l’homme et la planète, les auteurs Michka et Jacques Falquet exposent les vertus insoupçonnées de la culture en serre de la spiruline.

Les spécialistes les plus éminents ne cessent de tirer la sonnette d’alarme depuis des décennies : si l’humanité ne modifie pas rapidement ses habitudes de consommation, et en particulier son régime alimentaire trop chargé en viande rouge, les ressources si précieuses de la planète pourraient bientôt arriver à épuisement.

La spiruline : une source alternative de protéines

La spiruline, l’une des sources de protéines non animales les plus crédibles pour faire face aux défis du monde de demain.

Disposant de tous les acides aminés essentiels, elle apporte à celui qui s’en nourrit la quasi-totalité des éléments nutritifs nécessaires pour lui assurer une bonne santé.

Une performance d’autant plus remarquable que la spiruline ne requiert que très peu de ressources pour être produite : un bassin d’eau chaude et non stagnante, une poignée de minéraux et une bonne dose de soleil suffisent en effet à la cyanobactérie pour proliférer en se nourrissant des déchets organiques qui l’entourent.

Un rendement protéique inégalé

La spiruline ne demande que 2% des besoins en eau nécessaires à l’élevage d’un bœuf pour produire la même quantité de protéines.

De là à prédire que cette petite algue pourrait représenter le salut énergétique des métropoles du XXIème siècle, il y a un pas que Michka et Jacques Falquet n’hésitent plus à franchir.
Pourquoi, après tout, ne pas tirer profit de l’espace vide laissé par les toits des immeubles pour y implanter de véritables écosystèmes autonomes fondés sur la culture de l’algue bleue ?

Il suffirait d’installer un bassin d’eau chauffée, ainsi qu’un digesteur qui alimenterait continuellement la croissance de la spiruline en absorbant des déchets organiques et végétaux.

Un bon système intégré, en outre, permettrait de s’assurer que rien ne se perde : le méthane rejeté par les déchets, s’il est récupéré, peut servir à chauffer les habitations ou le bassin. Quant au compost final, il constitue le terreau idéal pour faire fleurir un magnifique jardin suspendu, où les enfants de l’immeuble pourraient se balader aux premiers rayons du soleil.

Ces villes aux toits verts pourront-elles réellement voir le jour ? C’est la question que les deux auteurs se posaient en 2005 lors de la sortie de leur ouvrage. C’est aujourd’hui chose faite en Thailande, comme en témoigne cet article de franceinfo.

Michka et Jacques Falquet, en tout cas, estiment que l’humanité pourrait bientôt être prête à se réconcilier avec la nature.

Dans ce site, nous évoquons tout le potentiel de la spiruline. Nous abordons également les domaines aussi sensibles et variés que le cancer, les maladies cardiovasculaires et neurodégénératives, les pathologies digestives, les allergies, la vue etc.
Il est certain que la spiruline ne nous a pas encore dévoilé tous ses secrets, c’est pourquoi les chercheurs continuent à travailler d’arrache-pied pour découvrir toutes ses applications santé… [8].

La spiruline sur France 5 :

 

Pages connexes :

Essayez la spiruline

Références :
  • [1] Salmeán, G. G., Castillo, L. H. F., & Chamorro-Cevallos, G. (2015). Nutritional and toxicological aspects of Spirulina (Arthrospira). Nutrición hospitalaria: Organo oficial de la Sociedad española de nutrición parenteral y enteral32(1), 34-40.
  • [2] Ciferri, O. (1983). Spirulina, the edible microorganism. Microbiological reviews47(4), 551.
  • [3] Habib, M. A. B. (2008). Review on culture, production and use of Spirulina as food for humans and feeds for domestic animals and fish. Food and agriculture organization of the united nations.
  • [4] Bibliographie, études
  • [5] Deng, R., & Chow, T. J. (2010). Hypolipidemic, antioxidant, and antiinflammatory activities of microalgae Spirulina. Cardiovascular therapeutics28(4), e33-e45.
  • [6] Karkos, P. D., Leong, S. C., Karkos, C. D., Sivaji, N., & Assimakopoulos, D. A. (2011). Spirulina in clinical practice: evidence-based human applications. Evidence-based complementary and alternative medicine2011.
  • [7] Selmi, C., Leung, P. S., Fischer, L., German, B., Yang, C. Y., Kenny, T. P., … & Gershwin, M. E. (2011). The effects of Spirulina on anemia and immune function in senior citizens. Cellular & molecular immunology8(3), 248.
  • [8] Capelli, B., & Cysewski, G. R. (2010). Potential health benefits of spirulina microalgae. Nutrafoods, 9(2), 19-26.

J'explore depuis plus de 10 ans les publications de la littérature scientifique qui concernent la spiruline, ses composants et plus largement, les microalgues. Je m'efforce de proposer des articles sourcés et régulièrement vérifiés en regard des nouvelles données de la recherche.
Alain Casal - Fondateur de Spiruline France.
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