La spiruline présente des atouts intéressants pour accompagner la concentration et la mémoire : une composition nutritionnelle variée et des composés étudiés pour leurs effets sur le fonctionnement cérébral. Des essais chez l'humain ont notamment rapporté des résultats encourageants sur certaines performances de mémoire. Pour comprendre son intérêt, il faut distinguer ces recherches des effets attendus au quotidien et l'intégrer à une alimentation équilibrée, avec un sommeil suffisant et une activité physique régulière. [6, 7, 8]
Les liens entre alimentation et capacités intellectuelles sont de mieux en mieux étudiés. La nutrition intervient dans le développement, le fonctionnement et la santé du cerveau. Dans ce contexte, la spiruline mérite l'attention, aussi bien pour ses nutriments que pour les recherches consacrées à ses constituants.

Les recherches sur la spiruline et les fonctions cognitives ne se limitent plus aux modèles animaux. Deux essais cliniques apportent des résultats intéressants, même s'ils concernent des populations particulières.
En 2022, un essai randomisé en double aveugle contre placebo a inclus 80 adultes présentant un trouble cognitif léger. Après douze semaines, le groupe recevant un extrait de Spirulina maxima présentait une amélioration de certains tests, notamment d'apprentissage visuel et de mémoire de travail visuelle, par rapport au placebo. [7]
Ce résultat soutient l'intérêt de poursuivre les recherches sur la spiruline et la mémoire. Il concernait toutefois un extrait spécifique : il ne permet pas de promettre le même effet avec n'importe quelle poudre ou n'importe quel comprimé de spiruline.
Un autre essai, publié en 2023, a étudié 60 personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer pendant douze semaines. Les chercheurs ont observé une évolution plus favorable du score cognitif MMSE dans le groupe spiruline que dans le groupe placebo. La différence était statistiquement significative, mais son amplitude restait modeste. [8]
Ces travaux constituent des pistes prometteuses. Ils ne démontrent pas que la spiruline traite la maladie d'Alzheimer ni qu'elle améliore systématiquement la concentration chez les étudiants ou les adultes en bonne santé.
La spiruline dispose désormais de premiers résultats humains favorables sur certaines fonctions de mémoire. La concentration, la mémoire de travail et les capacités d'apprentissage sont liées, mais ne sont pas interchangeables : les résultats doivent être interprétés selon les tests et les personnes étudiés.
La spiruline associe des protéines, du fer, certaines vitamines et des pigments comme la phycocyanine. Cette diversité constitue l'un de ses atouts. Les quantités apportées dépendent toutefois du produit et de la portion consommée. [6]
Hwang et ses collaborateurs ont étudié la spiruline chez des souris présentant un vieillissement accéléré. Ils ont rapporté des effets favorables sur la mémoire et sur certains marqueurs du stress oxydatif. [4]
En 2017, Koh et ses collaborateurs ont également observé des améliorations de l'apprentissage et de la mémoire avec un extrait de Spirulina maxima, dans un modèle de troubles cognitifs induits chez la souris. Ces recherches permettent d'explorer les mécanismes possibles et complètent les premiers essais humains. [2]
La nutrition est essentielle puisque le système nerveux a besoin d'énergie et de nutriments pour fonctionner efficacement. Des repas suffisants et variés permettent de soutenir ses fonctions, notamment l'attention et l'apprentissage.
Le glucose est son principal carburant dans les conditions habituelles. Cela ne signifie pas qu'il faille consommer davantage de sucre : les aliments glucidiques des repas contribuent aux apports nécessaires. Lors d'un jeûne prolongé, le cerveau peut aussi utiliser des corps cétoniques fabriqués principalement par le foie à partir des graisses.
Les lipides participent notamment à la structure des membranes des cellules nerveuses. Parmi les oméga-3, le DHA occupe une place importante dans le cerveau. Il faut distinguer les principales sources alimentaires :
Ces sources sont complémentaires et ne doivent pas être confondues. [9]
Le regard d'Alain Casal. Un point qui revient très souvent dans la communication autour de la spiruline : non, la spiruline n'est pas une bonne source d'oméga-3. Les analyses de sa composition en acides gras montrent qu'elle est dominée par les oméga-6, en particulier l'acide gamma-linolénique (AGL ou GLA), qui peut représenter jusqu'à 20 % de ses acides gras. Les formes d'oméga-3 les plus utiles à l'organisme, l'EPA et le DHA, y sont présentes à l'état de traces, voire indétectables selon les lots.
La présence d'acide gamma-linolénique participe à la particularité nutritionnelle de la spiruline. Son intérêt peut donc s'inscrire aux côtés de sources d'oméga-3, sans prétendre les remplacer. [6]
L'eau est indispensable au fonctionnement de l'organisme. Une hydratation insuffisante peut s'accompagner de fatigue ou de maux de tête et rendre le travail moins confortable. Il est utile de boire régulièrement, avec des apports adaptés à la chaleur et à l'activité physique.
Le thé et le café contribuent aussi aux apports hydriques. Ils ne doivent pas être exclus du bilan sous prétexte qu'ils contiennent de la caféine. L'eau reste une boisson de référence et les boissons caféinées sont à modérer si elles perturbent le sommeil. L'alcool ne constitue pas une stratégie d'hydratation. [11]
Plusieurs vitamines du groupe B interviennent dans le métabolisme énergétique ou le fonctionnement nerveux. La spiruline peut contribuer à certains apports, mais ne constitue pas une source fiable de vitamine B12 utilisable par l'organisme.
Une étude observationnelle publiée en 2008 a associé un statut plus faible en vitamine B12 à une perte de volume cérébral plus importante chez des personnes âgées. Elle ne démontrait pas qu'une supplémentation améliore la mémoire de toute personne qui en prend. [5]
L'essai FACIT, publié en 2007, a rapporté des bénéfices sur certaines performances cognitives après trois ans de supplémentation en acide folique chez des adultes sélectionnés pour une homocystéine élevée et un statut normal en B12. Il portait sur de l'acide folique, pas sur de la spiruline. [3]
Ces travaux rappellent l'importance de couvrir ses besoins. Ils ne justifient pas de multiplier les compléments sans avoir identifié un besoin particulier.
La clarté mentale est la capacité à organiser ses idées, à comprendre les informations et à prendre des décisions. Elle peut être influencée par le sommeil, l'exercice physique, l'environnement de travail et l'alimentation.
On a mis en évidence qu'il existait un lien entre l'alimentation et la taille de l'hippocampe, mais aussi avec celle de la matière grise ou de la matière blanche. Quatre jours de régime à base de malbouffe suffisent à altérer les fonctions cognitives qui dépendent de l'hippocampe. Prof. Felice Jacka - Université de Melbourne
Cette citation souligne l'intérêt des recherches sur l'alimentation et le cerveau. Elle ne doit pas être comprise comme une règle selon laquelle quelques repas déséquilibrés provoqueraient systématiquement une atteinte cognitive chez chacun.
Bien que le cerveau ne soit pas un muscle, l'activité physique contribue à sa santé. Elle soutient notamment la santé cardiovasculaire et peut bénéficier à certaines fonctions cognitives. Marche, promenade, jeux de plein air ou jardinage sont autant de façons de bouger régulièrement, selon ses capacités. [10]
Nous nous souvenons sûrement des campagnes de publicité pour le "Programme d'entrainement cérébral" sur Nintendo DS. Les exercices de ce type sollicitent certaines capacités et permettent surtout de progresser dans les tâches pratiquées. Leur transfert à toutes les situations de la vie quotidienne n'est pas garanti. [10]
Lire, apprendre une langue, pratiquer la musique ou découvrir une activité nouvelle sont également des façons de solliciter son attention. L'intérêt est de choisir une activité suffisamment stimulante et agréable pour la pratiquer régulièrement.
La difficulté de concentrer notre attention sur un seul et unique stimulus est une des problématiques les plus courantes de notre société moderne. Nous avons pris la (mauvaise) habitude de passer d'une tâche à une autre rapidement et, pire que tout, sans terminer la précédente.
La concentration est un élément fondamental pendant les années d'apprentissage. Les enfants et les étudiants passent de longues heures en classe. Un sommeil insuffisant, la faim, le stress ou des distractions répétées peuvent rendre l'attention plus difficile à maintenir.
Denis-Luc Ardiet et Denis Von Der Weid, dans leur document "Spirulina as a food complement to support health and cognitive development", évoquent le potentiel de la spiruline principalement dans un contexte de nutrition et de développement de l'enfant. Ce document de synthèse ne constitue pas un essai démontrant une amélioration des résultats scolaires. [1]
Pour les enfants et les adolescents, l'intérêt éventuel de la spiruline doit être apprécié selon l'alimentation et les besoins individuels. En cas de difficultés persistantes, il est préférable d'en rechercher la cause plutôt que de supposer un manque de nutriments.
Il est également essentiel de conserver une activité quotidienne et d'avoir un sommeil de qualité. Le sommeil participe à la consolidation des apprentissages : réduire son temps de repos pour travailler davantage peut donc être contre-productif.
La spiruline mérite sa place parmi les aliments étudiés pour leur intérêt nutritionnel et leur potentiel sur la mémoire. Les premiers essais humains apportent des résultats encourageants et renforcent l'intérêt des observations expérimentales. Son rôle au quotidien reste celui d'un complément à une alimentation variée, avec des apports adaptés et des habitudes favorables au cerveau. Pour mieux se concentrer et apprendre, la démarche la plus cohérente associe nutrition, sommeil, mouvement et organisation du travail.
Bonjour, merci bien pour ces informations complètes, sur les propriétés de la spiruline, qui mérite d’être connue de tous. Meilleures salutations.