Propriétés, utilisations, sciences et perspectives de la spiruline.
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L’utilisation de la spiruline pour améliorer la gestion du diabète

La spiruline a été étudiée pour ses propriétés potentiellement bénéfiques pour les personnes atteintes de diabète. Les publications ont montré qu'elle peut aider à réguler les niveaux de glucose dans le sang (rôle hypoglycémiant) et contribuer à améliorer la sensibilité à l'insuline.

Le diabète, maladie métabolique caractérisée par une hyperglycémie (niveaux élevés de glucose dans le sang), résulte d'une perturbation de la production ou de l'utilisation de l'insuline. Cette dernière est une hormone produite par le pancréas qui permet au glucose de pénétrer dans les cellules pour être utilisé comme source d'énergie. Quand il y a un problème de production ou d'action de l'insuline, le glucose s'accumule anormalement dans le sang et provoque des complications. En gérant efficacement leur taux de glucose dans le sang, les personnes diabétiques peuvent réduire leurs risques problèmes de santé et améliorer leur qualité de vie. En France, le nombre de personnes diabétique ne cesse d'augmenter : il a plus que doublé en 20 ans, passant de 1,6 million en 2000 à plus de 4,3 millions en 2022 (cf. données les plus récentes de l'Assurance maladie).

spiruline & diabète

Les 3 types de diabète :

Le diabète de type 1 (diabète insulinodépendant - DID) est considéré comme une maladie auto-immune. Dans ce type de diabète, les cellules productrices d'insuline du pancréas (les cellules bêta) sont détruites par le système immunitaire. Ce type de diabète, généralement diagnostiqué chez les enfants et les adolescents, nécessite une injection d'insuline quotidienne pour maintenir des niveaux normaux de glucose dans le sang. Il semble que l'hérédité joue un rôle dans son apparition : environ deux diabétiques sur trois appartiennent à des familles de diabétiques. Bien qu'elle soit un facteur non négligeable, la génétique n'explique pas tout : les facteurs héréditaires seuls ne suffisent pas à déclencher la maladie. Il existe d'autres facteurs dont le rôle et le mécanisme ne sont pas encore complètement élucidés.

Le diabète de type 2 (diabète non insulinodépendant - DNID) aussi appelé diabète de la maturité, diabète gras, diabète stable, est causé par une résistance de l'organisme à l'insuline : l'organisme a besoin d'importantes quantités d'insuline pour maintenir une glycémie normale. Il est habituellement diagnostiqué chez les adultes (typiquement, les personnes ayant un DNID ont plus de 40 ans) et souvent associé à l'obésité et à un mode de vie sédentaire. Il peut être géré avec un régime alimentaire sain (riche en légumes, faiblement sucré, pauvre en nitrites, etc), de l'exercice physique et des hypoglycémiants oraux, plus rarement, il nécessite également des injections d'insuline (sans risque acidocétose en cas d'oubli).

Le diabète secondaire est beaucoup moins fréquent. Il prend la forme soit d'un DID, soit d'un DNID; il est caractérisé dans les deux cas par le fait qu'ils dépendent d'une autre maladie dite primaire : il peut s'agir d'une acromégalie, d'un syndrome de Cushing, d'une hyperthyroïdie. Le diabète secondaire peut aussi être dû à l'ablation chirurgicale du pancréas.

test de surveillance du glucose, goutte de sang

Environ 1 diabétique sur 10 souffre de DID, et les autres de DNID. Beaucoup ignorent qu'ils sont atteints, car un diabète discret ne provoque généralement aucun symptôme perceptible pendant des années.

Traiter le diabète pour éloigner les complications :

Le traitement du diabète vise à contrôler la glycémie et à prévenir les complications.

Les complications comportent des crises d'hypoglycémie (glycémie en dessous de la normale, parfois très basse) et des hyperglycémies (glycémie au-dessus de la normale, parfois très élevée). Ces complications sont habituellement résolues lorsqu'un régime, des exercices physiques bien adaptés et, si besoin, un réajustement de la posologie médicamenteuse sont mis en place ; dans le cas contraire, on pourra risquer un coma hypoglycémique. L'acidocétose de même que le coma hyper-osmolaire sont d'autres dangers à court terme encourus par le diabétique et qu'il convient de prévenir. Des injections d'insuline peuvent parfois être indiquées.

Il est important de traiter le diabète, car il peut causer d'autres problèmes si les niveaux de glucose dans le sang restent élevés durant une période prolongée. Celles-ci peuvent être graves et potentiellement mortelles (maladies cardiaques, AVC, neuropathies diabétiques, rétinopathie diabétique, insuffisance rénale, etc.).

La prévention du diabète

D'un point de vue général, la prévention du diabète passe par une alimentation saine, riche en fruits, légumes et céréales complètes, pauvre en matière grasse saturée et en sucres rapides, une activité régulière de moins de 30 minutes par jour, la limitation des comportements à risques comme la consommation excessive d'alcool ou le tabagisme.

Le régime hypocalorique : une clé essentielle

Lors de l'EASD 2023 (Association européenne pour l'étude du diabète), Pr Roy Taylor affirme qu'une guérison permanente du diabète de type 2 est possible, basant son argumentation sur plusieurs études.

  • En 2011, une première étude a montré qu'un régime très faible en calories pouvait inverser le diabète de type 2 en réduisant l'excès de graisse dans le foie et le pancréas.
  • En 2016, une étude sur trente patients diabétiques adoptant un régime très faible en calories pendant deux mois, suivi d'un retour à une alimentation normale, a révélé que maintenir la perte de poids permettait la disparition du diabète pendant au moins six mois.
  • En 2018, une étude plus vaste portant sur 298 personnes a démontré qu'après trois mois de régime très faible en calories, certains participants atteignaient une rémission complète du diabète de type 2. Un an plus tard, 46 % de ce groupe étaient toujours en rémission (sans recours à des médicaments hypoglycémiants) et présentaient une perte de poids persistante de 10 kg en moyenne par rapport au groupe témoin. Deux ans plus tard, 36 % maintenaient une rémission.

Ces résultats illustrent clairement que l'excès de graisse dans le foie entrave la fonction normale de l'insuline, compromet son efficacité et favorise le transfert des graisses vers le pancréas. Ils renforcent l'idée que la perte de graisse viscérale et le contrôle du poids pourraient être une clé essentielle dans la lutte contre le diabète de type 2. En cas de reprise de poids par un patient en rémission, la dérégulation de l'insuline réapparait.

Spiruline : quel impact sur le diabète ?

Plusieurs études ont montré que la consommation de spiruline pouvait permettre de réduire les niveaux de glucose sanguin et d'améliorer la sensibilité à l'insuline chez les personnes atteintes de diabète de type 2.

Une récente étude [1] a observé les effets à long terme de la supplémentation en comprimés de spiruline (2 grammes par jour) sur la glycémie, le profil lipidique sérique et les taux de protéines sériques. Une analyse de sang a été effectuée au départ, à 1 mois et à 2 mois d'intervalle (sans modification du mode de vie, du régime alimentaire et des prises de médicaments habituelles des candidats). Une prise d'une durée de 2 mois a entraîné une diminution significative de la glycémie et des taux de protéines sériques, confirmant ainsi l'effet hypoglycémiant de la spiruline. L'étude souligne que l'acide gamma linolénique, les antioxydants, les acides aminés, les acides gras et la SOD que contient la spiruline sont directement impliqués dans le contrôle du diabète type 2 en réduisant les niveaux de sucre dans le sang et de cholestérol.

Une réduction notable du taux d'HbA1c a également été observée, indiquant une amélioration de la régulation du glucose à long terme [2].

Une récente méta-analyse [3] (incluant 8 études) conclut que la supplémentation en spiruline peut avoir des effets bénéfiques sur la glycémie à jeun et sur les profils lipidiques sanguins chez les patients diabétiques de type 2.

Une étude de 2024 publiée dans Food Reviews International [4] met une nouvelle fois en avant le potentiel anti-diabétique de la spiruline. Les recherches ont montré que son extrait peut inhiber des enzymes clés du métabolisme des glucides : l'amylase, l'α-glucosidase et la DPP-IV, ce qui contribue à la régulation de la glycémie. Chez des souris, une dose de 250 mg/kg a permis de réduire les niveaux de glucose sanguin avec une efficacité similaire à des médicaments de référence comme la pioglitazone et le glibenclamide.

Elle va agir notamment sur la libération du sucre en réserve, du glycogène contenu dans le foie et le muscle - que l'on appelle la néoglucogenèse - et elle va aider les cellules bêta des ilots de Langerhans qui sont contenus dans le pancréas à mieux fonctionner (pour ceux qui ont encore un pancréas fonctionnel). La spiruline est tout à fait intéressante en cas de diabète et permet de diminuer les antidiabétiques oraux dans la mesure où elle relance l'activité du métabolisme.

La spiruline offre par ailleurs des propriétés anti-inflammatoires et antioxydantes, qui peuvent contribuer à réduire les complications liées au diabète comme les lésions des vaisseaux sanguins et les dommages aux nerfs.

Si la spiruline n'est pas substitut au traitement recommandé par son médecin, elle démontre un potentiel fort intéressant pour aider à lutter contre le diabète : en consommer régulièrement est ainsi tout à fait bénéfique dans le cadre de la gestion de l'hyperglycémie en plus d'être intéressante pour favoriser le contrôle et la perte de poids. En effet, selon les résultats de l'évaluation de l'EFSA [5], il existe des preuves scientifiques suffisantes pour soutenir ces allégations.

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Références :



Alain Casal miniature J'explore depuis près de 20 ans les publications de la littérature scientifique qui concernent la spiruline, ses composants et plus largement, les microalgues. Je m'efforce de fournir des articles sourcés et régulièrement vérifiés en fonction des nouvelles données de la recherche.
Alain Casal - Fondateur de Spiruline France.
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