Sarah Marin-Maire, diététicienne & co-fondatrice de Make Me Healthy

Voici une interview de Sarah Marin-Maire, diététicienne diplômée du BTS diététique, co-fondatrice avec Colette Friedrich de Make Me Healthy.

Make Me Healthy propose des programmes alimentaires sur-mesure et à distance (remboursés par les mutuelles) avec une philosophie simple : consommer au maximum des produits bruts, non transformés, de bonne qualité (bio, de saison et locaux) et dans les bonnes quantités.

Sarah et Colette de makemehealthy

Des programmes alimentaires, mais aussi une appli ?

Nous avons effectivement créé une web app qui permet d’accompagner nos patients dans leur suivi diététique. Cela leur permet ainsi d’accéder depuis un ordinateur ou un mobile à leur programme alimentaire sur-mesure, leurs conseils nutritionnels personnalisés, leur courbe de poids, leur courbe bien-être et l’historique de leurs rendez-vous.

Cette web app offre également à tout un chacun un accès gratuit à +400 recettes simples & healthy, un planning de recettes et des listes de courses (sur simple création d’un compte).

Quels sont selon vous les points primordiaux pour une meilleure santé au long terme ?

– Ancrer une alimentation équilibrée avec des produits de qualité : bruts, bio, de saison et si possible locaux, ce qui implique l’élimination des produits industriels transformés et ultra transformés, nocifs pour notre santé.

Toutefois, attention à ne pas confondre alimentation équilibrée et la privation. Tout est une question d’équilibre pour ancrer une alimentation équilibrée sur le long terme. Il est important de trouver du plaisir à chaque repas, d’atteindre la satiété, de manger à sa faim et de bien fractionner son alimentation.

Pour les petits « à côté », il s’agit de changements simples comme faire un gâteau maison en utilisant des ingrédients de qualité, en maitrisant la portion de sucre, ou encore de choisir une bonne pizzeria au feu de bois ou de faire une pizza maison, plutôt que d’en choisir une issue de l’industrie agroalimentaire de mauvaise qualité nutritionnelle.

– Pratiquer une activité sportive régulière : il est essentiel de trouver une activité physique (ou plusieurs) qui vous plaise. Pour nous l’alimentation est un premier pas vers un cercle vertueux qui va donner envie de se mettre (ou remettre) au sport et d’augmenter le nombre de séances, car on se sent de mieux en mieux.

Le sport devient enfin un plaisir et donne lui aussi l’envie de mieux manger pour continuer à se sentir bien. Les effets du sport et de l’alimentation sont visibles très rapidement que ce soit sur la santé, le moral ou encore le bien-être (digestion, qualité de la peau, stress diminué, endormissement, etc.)

Avoir une alimentation équilibrée à un impact sur notre santé, notre bien-être, notre moral… C’est pourquoi nous pensons qu’il est extrêmement important de prendre soin de son alimentation. Un premier pas serait de mettre en place les bases d’une alimentation équilibrée.

Idéalement il s’agit d’un bon fractionnement des repas avec trois repas principaux et une à deux collations (voir plus pour les sportifs par exemple) par jour. Cela permet, entre autres, une régulation de la glycémie, de la satiété/de l’appétit, évite les grignotages, permet une meilleure digestion avec des repas plus légers et évite un stockage non volontaire.

Le petit déjeuner est un repas important, et même si l’appétit n’est pas présent au saut du lit, il pourra par exemple être consommé en milieu de matinée sous forme de collation. Simplement pour remettre du carburant dans l’organisme après une nuit à jeun et éviter une fringale ou un grignotage (généralement de mauvaise qualité nutritionnelle) dans la matinée. Il peut être sucré ou salé, et les variantes sont nombreuses. Il pourra par exemple être composé d’un produit céréalier complet, d’un fruit frais, d’une portion d’oléagineux et d’un produit laitier végétal ou animal.

Le déjeuner et le dîner devraient, quant à eux, idéalement être composés d’une portion de protéine végétale ou animale (tofu, tempeh, seitan, protéines de soja déshydratées, viande, poisson ou œufs), une portion de céréales complètes/céréales anciennes/légumineuses, une portion de légumes (crus et/ou cuits) et une portion de matière grasse végétale.

Un produit laitier végétal ou animal, un fruit frais et un carreau de chocolat noir pourront venir compléter le repas. Les collations peuvent quant à elles être sucrées ou salées en fonction des goûts et besoins ; et tout comme les petits déjeuners, les variantes sont très nombreuses. L’équilibre alimentaire se fait sur une journée complète, il est donc possible d’équilibrer les repas entre eux en fonction des envies, des besoins, et des objectifs.

Le « healthy » n’est sans doute pas qu’une simple tendance, pourquoi sommes-nous de plus en plus sensibles à cette question du « bien manger » ?

De plus en plus de consommateurs s’y intéressent, que suite aux scandales sanitaires ou de maltraitance animale ou encore grâce aux nombreux reportages et ouvrages qui ont mis en lumière, ces dernières années, les méthodes de l’industrie agro-alimentaire et leurs impacts sur la planète. Le fait que notre alimentation ainsi que notre hygiène de vie ont un réel impact sur notre santé est de plus en plus ancrer dans les mentalités.

La tendance du « fait maison », du bio, du véganisme/végétarisme ou encore du « zéro déchet » viennent se greffer à cet élan de « mieux manger » et nous nous rendons compte que nos patients apprécient de plus en plus le fait de cuisiner et consacrent davantage de temps à la préparation de leurs repas.

Ils s’orientent également vers des produits de meilleure qualité, et sont soucieux de savoir décrypter les étiquettes. Ainsi, que les consommateurs soient sensibles à la cause animale, l’écologie et/ou leur santé, il est indéniable qu’ils sont de plus en plus nombreux à rejoindre cette tendance.

Quid de l’influence (bénéfique) des réseaux ?

Les réseaux sociaux et notamment Instagram sont révélateurs et amplificateurs de ces tendances de fonds, les hashtags liés sont utilisés par des millions de personnes : #faitmaison : 2,5M de publications, #reequilibragealimentaire : 2,1M de publications, #mangersain 2M de publications, sans parler des hashtags en anglais comme #healthy utilisé par 158M de personnes ou #healthyfood utilisé par 78,7M de personnes.

De plus, de véritables communautés se créent autour d’influenceurs partageant leur « healthy lifestyle » comme par exemple Margot du compte @biendansmonslip. Attention néanmoins à ne pas tomber dans le piège pervers des réseaux sociaux qui peut parfois amener certains internautes à culpabiliser sur leur mode de vie qui ne leur semblerait « pas assez parfait ». Pour rester bénéfiques, les réseaux sociaux doivent garder un rôle inspirationnel. Il est primordial que chaque internaute ait ainsi du recul sur les contenus partagés qui sont généralement mis en scène, sélectionnés, modifiés et améliorés avant d’être postés.

En tant que marque, Make Me Healthy a su créer une forte communauté sur Instagram, rassemblant ainsi +60000 abonnés autour de partage de recettes healthy et de conseils nutrition.

En quoi le digital (appli, etc.) peut-être d’une aide précieuse dans le cadre d’un rééquilibrage alimentaire ?

app makemehealthy

Make Me Healthy s’est dans un premier temps développé avec pour uniques outils digitaux un site Internet et un compte Instagram. La web app n’a été lancé que 2 ans et demi après la création de la marque. Notre concept repose avant tout sur le suivi diététique personnalisé par téléphone, nous avons donc dans un premier temps mis toute notre énergie au développement d’une méthodologie de travail rigoureuse.

Une fois notre concept validé par de nombreux patients, nous avons réfléchi à un outil qui nous permettrait d’une part d’accompagner nos patients dans leur suivi et de leur faciliter l’accès à leur programme, conseils, recettes… et d’autres part qui permettrait à nos diététiciennes une gestion plus efficace de leurs dossiers.

Nous avons ainsi créé cet outil sur-mesure avec l’aide d’une agence web qui fait aujourd’hui le lien entre nos diététiciennes et leurs patients sans pour autant remplacer le contact humain qui est au coeur de notre concept. Nous considérons le digital comme un facilitateur et comme la solution nous permettant de dépoussiérer le métier de diététicienne.

Vous conseillez parfois la spiruline, que pouvez-vous nous dire à son sujet ?

Avant de conseiller la spiruline à nos patients c’était avant tout un complément alimentaire que nous avions l’habitude de consommer et auquel nous avions été sensibilisées durant notre enfance, avant même qu’elle ne soit si connue.

Nous avons visité une ferme de spiruline, et nous nous sommes renseigné davantage au fil des années sur ses vertus. En l’utilisant personnellement et en voyant ses effets positifs (régime végétarien, sport, etc.) nous ne pouvions que la conseiller à nos patients.

Nous la recommandons aux personnes ayant un régime végétarien ou vegan, aux sportifs, à nos patients ayant une baisse de tonus (par exemple couplée à de l’acérola sans sucre ajouté et du magnésium), ou encore à nos patients ayant des réserves en fer faibles ou une tendance à l’anémie, en prévention.

Si la spiruline est sur le podium des « superaliments », quels sont – selon vous – les aliments qui partagent les 2 autres places ?

Pour être honnête, la spiruline est le seul « superaliment » que nous recommandons. Et cela non pas pour cette dénomination qui lui a été attribuée mais réellement pour ses qualités et bienfaits nutritionnels. Le terme de « superaliment » est très utilisé actuellement, et ce sont des aliments qui sont de plus en plus consommés.

Malheureusement, très souvent ils le sont sans même avoir mis en place les bases d’une alimentation équilibrée en amont. Pour notre part, nous pensons que ces derniers, comme les compléments alimentaires, ont un intérêt uniquement lorsqu’ils viennent compléter une alimentation équilibrée, telle « la cerise sur le gâteau », et non dans le sens inverse.

Parfois malheureusement les « superaliments » viennent de « super-loin » et sont « super-chers ». Comme par exemple les graines de chia qui sont tendances, alors qu’en France, nous sommes le plus gros producteur de lin et que cette graine a quasiment les mêmes qualités nutritionnelles que les graines de chia. Mais je reconnais que de temps en temps un peu de poudre d’açai peut venir donner du peps à un petit déjeuner, ou qu’un pudding de chia aux fruits exotiques est délicieux, tout est dans la modération et la variété !

Essayez la spiruline

J'explore depuis plus de 10 ans les publications de la littérature scientifique qui concernent la spiruline, ses composants et plus largement, les microalgues. Je m'efforce de proposer des articles sourcés et régulièrement vérifiés en regard des nouvelles données de la recherche.
Alain Casal - Fondateur de Spiruline France.
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