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Spiruline et maladie d’Alzheimer : que disent les études ?

Parmi les maladies neurodégénératives* qui surviennent en vieillissant, la maladie d'Alzheimer est probablement la plus connue du grand public. Bien que l'on ignore encore l'origine exacte de cette maladie qui atteint la mémoire, les médecins sont aujourd'hui capables, notamment grâce aux équipements d'imagerie médicale, d'étudier son évolution et la façon dont elle détruit progressivement les neurones et les synapses. Cette forme de démence, qui n'est donc pas une dégénérescence normale due à la vieillesse, se développe essentiellement entre 60 et 80 ans.

*Selon les estimations, les maladies neurodégénératives sont en forte augmentation en France et pourraient concerner en 2040 plus de 2 millions de personnes. « Il y a urgence à agir et la feuille de route du Collectif MND doit bénéficier d'une animation politique forte pour apporter sur le terrain une réponse concrète et efficiente aux personnes malades et à leurs proches, aux bénévoles et professionnels qui les soignent et les accompagnent » conclut le collectif composé de : APF France Handicap, Fondation Médéric Alzheimer, France Alzheimer et maladies apparentées, France Parkinson, Ligue Française contre la Sclérose en Plaques et l'Unisep.

Liées à des atteintes cérébrales particulières, la maladie d'Alzheimer se caractérise par une perte progressive et inéluctable des fonctions cognitives (surtout la mémoire dans un premier temps, puis le langage, l'attention, etc.) et des modifications du comportement (abattement, tristesse, agressivité). Ses conséquences sont graves, particulièrement en matière d'autonomie.
Connue depuis des siècles, c'est depuis une trentaine d'années que cette maladie est prise en compte et combattue.

Peu ou mal informé, le public ne prête pas suffisamment attention aux premiers signes, souvent une légère désorientation dans le temps ou l'espace et, surtout, de petits oublis, un mot qui reste sur le bout de la langue. Il faut préciser que ces troubles, au départ minimes, peuvent être attribués (fréquemment à juste titre) à l'effet normal du vieillissement ou à des signes dépressifs. Il est donc très difficile de déceler chez un individu les prémices d'une maladie d'Alzheimer.

Dans le cerveau, elle endommage en premier lieu l'hippocampe, siège de la mémoire, puis s'attaque aux régions qui gèrent les informations issues des cinq sens et enfin au cortex, moteur qui régit la parole, la marche et la fonction de déglutition.

Le mécanisme observé est toujours le même : il consiste en l'accumulation de protéines anormales à l'extérieur des neurones, ou plaque amyloïde, qui cause une oxydation et une inflammation de ces mêmes neurones jusqu'à les détruire.

spiruline contre l'Alzheimer

Les thérapies orthophoniques (recommandées par l'HAS, Haute Autorité de Santé) sont reconnues pour limiter la progression de la maladie d'Alzheimer. Il s'agit, par des moyens de stimulation cognitive et langagière, de retarder le plus possible l'apparition des symptômes, qui seront, au fil du temps, malheureusement inévitables : trouble de la mémoire des mots, perte de la compréhension, etc. La rééducation orthophonique précoce permet de retarder l'apparition des troubles du langage de quelques mois voire de quelques années. Les médecins généralistes et neurologues sont de mieux en mieux informés sur ces bénéfices et prescrivent maintenant ces thérapies de façon systématique. De surcroît, il est évident que l'alimentation joue un rôle clé dans la prévention.

E.Laflaquière, orthophoniste spécialisée adultes à Lyon.

Des thérapeutiques limitées ?

Au niveau médicamenteux, de grandes espérances ont été placées dans des traitements visant à rétablir la présence de neurotransmetteurs impliqués dans les processus de mémoire et de cognition, ainsi que, plus récemment, dans des anticorps monoclonaux ciblant directement les plaques amyloïdes.

Par ailleurs, des études qui explorent l'influence de l'alimentation sur la protection du cerveau face aux attaques inflammatoires et sur l'amélioration de la communication entre les neurones sont actuellement menées.

Le Dr Carl Cotman a démontré [1] sur des chiens âgés qu'une alimentation riche en antioxydants permettait de récupérer une partie de la mémoire disparue avec l'âge. Ces observations ont pu être confirmées à l'imagerie médicale, avec notamment une forte diminution de la plaque amyloïde, dans ce modèle animal du vieillissement cérébral.

D'autres recherches [2] menées à l'université de Tel-Aviv ont été conduites sur des sujets humains présentant des troubles de la mémoire, mais non atteints de la maladie d'Alzheimer diagnostiquée. Elles ont montré qu'une supplémentation en phosphatidylsérine associée à des oméga-3 pouvait améliorer certaines capacités de mémoire chez des personnes âgées non démentes se plaignant de troubles mnésiques. La composition de la spiruline, riche en acides gras essentiels, en fait un sujet d'intérêt dans ce contexte, bien qu'aucune étude n'ait directement testé la spiruline dans ce protocole précis.

La spiruline est par ailleurs étudiée comme composante d'une stratégie plus large de lutte contre le vieillissement cellulaire, la maladie d'Alzheimer n'étant qu'une des nombreuses conséquences possibles du vieillissement du système nerveux.

Une relation entre le sucre et Alzheimer

Une étude [3] a mis en évidence un lien entre la glycémie et la maladie d'Alzheimer. Réalisée à l'université de Bath, en Angleterre, elle montre que l'excès de sucre dans le sang réduit certaines fonctions d'une enzyme appelée MIF (macrophage migration inhibitory factor), un mécanisme qui pourrait favoriser le développement de la maladie. Une part importante des personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer présentent également un diabète ou un dérèglement métabolique apparenté, ce qui invite à porter attention à l'équilibre glycémique en prévention.

Des pistes de recherche dans l'alimentation et les biothérapies

Une étude menée en Californie [4] chez des rongeurs montre qu'en augmentant le taux d'une protéine, la neuréguline, on limite les amas de plaques amyloïdes qui envahissent les synapses. Les chercheurs pensent que cette protéine active une enzyme qui contribue à dégrader ces plaques. Il s'agit à ce stade d'un résultat préclinique, obtenu uniquement chez l'animal.

Du côté des biothérapies, l'aducanumab, un anticorps monoclonal ciblant les plaques amyloïdes, avait suscité un fort espoir après la publication d'un essai clinique [5] montrant une réduction des plaques amyloïdes chez des patients récemment diagnostiqués. Son approbation par la FDA américaine en 2021 avait toutefois été très controversée, notamment en raison de données d'efficacité clinique jugées incohérentes par une partie de la communauté scientifique. En janvier 2024, son fabricant Biogen a annoncé l'arrêt définitif de son développement et de sa commercialisation, pour des raisons stratégiques et commerciales plutôt que pour un problème de sécurité déclaré, au profit d'autres anticorps de la même famille comme le lécanemab.

Le regard d'Alain Casal. Je tenais à mettre à jour ce passage, parce que le laisser en l'état aurait présenté comme une avancée en cours un médicament aujourd'hui retiré du marché. Ce que je retiens de cet épisode, au-delà du cas précis de l'aducanumab, c'est la difficulté de toute la recherche sur Alzheimer : réduire les plaques amyloïdes à l'imagerie ne s'est pas toujours traduit par un bénéfice cognitif suffisamment net pour les patients et leurs familles. C'est une leçon d'humilité que je garde en tête chaque fois que je lis une étude préclinique prometteuse, y compris sur la spiruline : le chemin entre un mécanisme intéressant en laboratoire et un bénéfice clinique solide chez l'Homme est long et beaucoup de pistes s'arrêtent en chemin.

Ralentir la progression de la maladie d'Alzheimer

Généralement, des protocoles basés à la fois sur des stimulations neurosensorielles et une alimentation adaptée sont utilisés et présentent des résultats encourageants.

Les chercheurs de l'université de Zurich [6] ont isolé la nostocarboline, une substance présente dans certaines cyanobactéries dont la spiruline et ont montré en laboratoire qu'elle inhibe l'enzyme acétylcholinestérase, un mécanisme partagé avec plusieurs médicaments actuellement utilisés contre Alzheimer. Il s'agit d'un travail de biochimie fondamentale identifiant une molécule d'intérêt, non d'un essai clinique démontrant un ralentissement de la maladie chez des patients.

Dans une étude iranienne menée en 2023 en double aveugle [7], les chercheurs ont suivi 60 patients atteints de la maladie d'Alzheimer. Le groupe traité recevait 500 mg de spiruline deux fois par jour (soit 1 g par jour au total) pendant 12 semaines. Les résultats ont montré une amélioration statistiquement significative du score au test MMSE (Mini-Mental State Examination) chez les patients ayant reçu de la spiruline, comparés à ceux ayant

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Alain Casal miniature J'explore depuis près de 20 ans les publications de la littérature scientifique qui concernent la spiruline, ses composants et plus largement, les microalgues. Je m'efforce de fournir des articles sourcés et régulièrement vérifiés en fonction des nouvelles données de la recherche.
Alain Casal - Fondateur de Spiruline France.
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