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L’utilisation de la spiruline chez les Aztèques, Toltecs, Mayas et Kanembou

La spiruline n’est pas un « produit » nouveau : c’est une microalgue millénaire consommée depuis des temps ancestraux.

La spiruline au temps des Toltecs et Mayas

les mayas consommateur de spirulineIl est assez probable que les Toltecs, qui ont été dépassés par les Aztèques, comptaient également sur la spiruline comme source de nutrition.

Les Aztèques avaient adopté quelque 42 aspects de la culture Toltec et Maya. Il y a une preuve que les Mayas d’Amérique centrale, dont la civilisation a culminé d’environ l’an -300 à l’an -900 J.C., cultivaient la spiruline dans le réseau navigable qui était aussi utilisé pour irriguer les cultures.

On dit que les algues ont été si importantes pour la nutrition à cette époque que le déclin de la civilisation Maya à la fin du IXe siècle y est associé.

La spiruline au temps des Aztèques

La spiruline a besoin de se développer dans une eau très alcaline; elle croît naturellement dans les grands lacs salins du centre du Mexique qui étaient prisés par les Aztèques. Bernal Diaz del Castillo, qui voyagea jusqu’au Mexique avec le conquérant Cortés en 1519, a écrit sur la vaste et bondée place du marché de la ville, où tout, des pierres précieuses aux médecines, des animaux aux poteries, était à disposition.

Les Aztèques avaient bien compris l’importance de la nourriture. Les pêcheurs récoltaient la spiruline avec des filets à mailles fines puis la laissaient sécher au soleil. Ils transformaient ensuite la spiruline en petits pains ou gâteaux, appelés tecuitlatl.
Une marchandise plus inhabituelle, mais grandement prisée à travers le Mexique, que les Aztèques vendaient de la même manière que les Européens vendent les fromages.

Cortés et les Espagnols étaient étonnés par cette « boue bleue-verte ». Ils n’ont jamais gouté le tecuitlatl, mais ils ont indiqué que les Aztèques le trouvaient délicieux. Les Aztèques recueillaient la spiruline à la surface des lacs avec des filets à mailles serrées et remplissaient leurs canoës avec. De retour au rivage, ils étalaient la terre en des petits lits et répartissaient la spiruline pour la sécher au soleil.

Aztèques cultivent la spirulineLa pâte humide, qui était d’environ de trois ou quatre centimètres d’épaisseur, s’asséchait pour donner une épaisseur de deux à trois millimètres. Les différentes traductions des journaux de voyage des conquistadors ont laissé quelques doutes sur la manière dont les indiens mangeaient réellement le tecuitlatl.

Apparemment, il était transformé en pain, dont le goût ressemblait au fromage, accompagné par des plats de céréales, puis mis dans une sauce appelée chilmolli, qui était faite de tomates, de piments rouges et de différentes épices.

On raconte que l’empereur Montezuma aimait manger du poisson. Malheureusement, le poisson frais le plus proche provenait du golfe du Mexique, qui était à environ 290 kilomètres du palace de l’empereur. Donc, il revenait aux coureurs de marathon de lui rapporter la prise du jour.

Ces athlètes étaient réputés pour courir jusqu’à des centaines de kilomètres par jour et la spiruline était une part essentielle de leur régime. S’arrêtant pour une brève sieste, ils auraient pris de la spiruline de leurs sacoches qu’ils transportaient et l’auraient mélangée avec de l’eau pour se donner de l’énergie et de l’endurance.

Après la conquête de l’Amérique centrale par les Espagnols au début du XVIe siècle et la prise en main de l’Empire aztèque, beaucoup de ces lacs salés ont été drainés pour obtenir des pâturages et des terres arables. L’époque des algues était révolue.

Aujourd’hui, la spiruline ne pousse que dans le lac Texcoco au Mexique. Pour les autres lacs du Mexique, la terre est maintenant stérile.

Ainsi, l’importance des algues en tant qu’aliment de haute qualité en Amérique centrale a été peu à peu oubliée.

La spiruline du lac Tchad des Kanembou

recolte de spiruline au TchadElle est consommée depuis des siècles par les Kanembou, qui vivent le long des rivages du lac Tchad au Nigeria dans le centre-nord de l’Afrique. Elle reste l’une de leur source principale de protéine. Là bas, la microalgue se développe naturellement et les membres de la tribu Kanembu se nourrissent encore de spiruline.

La spiruline est poussée sur le bord par le vent, où elle se concentre dans d’épais tapis. Les femmes kanemboues s’engagent dans l’eau trainant des paniers tressés derrière elles. Elles écument la surface pour collecter l’algue et l’excès d’eau s’évacue en dehors du panier. La boue est ensuite séchée au soleil puis transférée dans des pots de terre ou des gourdes.

Dans les dunes entourant les lacs, les femmes creusent des trous dans le sable chaud dans lesquels elles placent une mince couche de la pâte recueillie. Quand l’eau est drainée dans le sable et que la spiruline commence à sécher, elles les divisent en carrés. Le soleil tropical transforme bientôt la pâte en un biscuit sec, qui est connu comme le dihé : des gâteaux plats et durs proposés sur les marchés locaux. La spiruline est également destinée aux femmes enceintes et pour les périodes de pénurie alimentaire.

L’avantage de cet aliment favori de la tribu Kanembu est qu’il se conserve longtemps, même par une chaleur extrême. Le « dihé » est par ailleurs un ajout populaire dans les soupes et les sauces.

Le millet, qui est la base de quasiment tous les repas, est servi avec différentes sauces épissées, contenant habituellement du dihé, des tomates et des piments rouges. Des haricots, des oignons et du poisson ou de la viande sont ajoutés s’ils sont disponibles. Le dihé est un ingrédient important de la sauce, mangé dans sept repas sur dix, et dix-douzième de grammes par personne sont utilisés. Le dihé est mangé nature par les femmes enceintes, qui croient que sa couleur protégera leurs bébés des yeux des sorciers.

Si l’on consomme aujourd’hui la spiruline à raison de quelques grammes par jour – sous forme de complément alimentaire et généralement en comprimés – son utilisation est inscrite depuis des temps immémoriaux.

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Alain Casal miniature J'explore depuis plus de 10 ans les publications de la littérature scientifique qui concernent la spiruline, ses composants et plus largement, les microalgues. Je m'efforce de proposer des articles sourcés et régulièrement vérifiés en regard des nouvelles données de la recherche.
Alain Casal - Fondateur de Spiruline France.
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