Violaine Neto-Gameiro lutte contre la faim avec la spiruline

Développer une solution autonome pour contrer la malnutrition, le problème numéro un des pays pauvres… Tel est le rêve de Violaine Neto-Gameiro qui s’est lancée il y a quatre ans dans la culture de la spiruline en Afrique de l’Ouest. Son projet, né en 2005, a reçu le premier prix Terre de Femmes de la Fondation Yves Rocher en 2010.

Violaine-Neto-Gameiro-spirulineQu’est-ce qui vous a amenée à créer l’association Spiruline Solidaire ?

Mon compagnon, Burkinabé d’origine, m’a parlé de la spiruline au retour d’un voyage dans sa famille en 2005. Cette algue bleue, provenant du lac Tchad et contenant 65 à 70% de protéines, permettait de lutter de façon autonome et endogène contre la malnutrition. C’était tellement plus malin que d’utiliser des médicaments stimulateurs de l’appétit ou des farines fabriquées dans nos pays pour se débarrasser de nos surplus agricoles. A l’époque je me documentais sur l’injustice des échanges Nord/Sud. Je me suis formée auprès de Jean-Bernard Simian, producteur et ingénieur agronome. J’ai cherché un partenaire local intéressé par le développement de cette cynobactérie et, dès que j’ai eu le financement, je me suis lancée.

En quoi consiste ce projet ?

L’objectif était de créer une ferme-école au Burkina Faso pour permettre à toutes les personnes de commencer une culture de spiruline. Nous avons aujourd’hui deux sites de production, dont l’un au sein du dispensaire de Bobo-Dioulasso, où nous développons une ferme-école : c’est un lieu d’accueil pour les enfants et une école de formation professionnelle agricole. La spiruline, elle, est consommée sur place et destinée à ceux qui en ont besoin. C’est ainsi que l’on peut « retaper » un enfant en un mois de traitement avec 5g de spiruline par jour !

Dans votre quotidien, quels sont vos gestes verts ?

Je n’ai pas de voiture et je ne prends jamais l’avion pour mes trajets en France. J’évite aussi de manger de la viande. Je bois l’eau du robinet et j’utilise du savon plutôt que du gel pour réduire les emballages plastiques. En Afrique, j’avais un impact limité sur la nature, mais c’est plus difficile en France. Ce serait même hypocrite de dire que l’on n’en a pas. Le problème est que l’on nous a tellement distanciés de ce que coûte véritablement notre mode de vie que l’on ne se rend plus compte de son incidence sur la nature et les populations. Heureusement, bientôt il n’y aura plus de pétrole, et on devra re-localiser toute notre économie. On sera plus près des réalités !

Qu’est-ce qui vous révolte ?

Ceux qui dénigrent l’intérêt de la spiruline juste pour mieux vendre d’autres compléments alimentaires plus rémunérateurs pour l’industrie agro-alimentaire. Il y a du lobying pour dire que cette algue n’est pas intéressante parce que c’est un moyen pour que l’Afrique s’en sorte, et que certains n’en ont pas envie ! Cela me met en colère, car de nombreux chercheurs travaillent sur le sujet depuis des années. Et seules les persones atteintes d’hémochomatose (une maladie héréditaire due à l’accumulation excessive du fer dans l’organisme) ne peuvent en consommer. L’algue est, en effet, très riche en fer.

Pour plus d’infos : spirulinesolidaire@gmail.com – www.spirulinesolidaire.org

Propos recueillis par Véronique Bury.

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