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La qualité sanitaire des algues et microalgues

Pour protéger la santé des consommateurs, des critères de sécurité alimentaire sont définis pour évaluer avec précision la qualité sanitaire des produits finis à base d'algues et microalgues. La surveillance des niveaux de métaux lourds ainsi que les analyses microbiologiques sont des étapes que de trop rares marchands mettent systématiquement en place.
Avant d'acheter de la spiruline, se renseigner sur les méthodes de production et les pratiques de contrôle qualité est plus que recommandé.

Des critères de sécurité sont fixés pour le consommateur :

  • Les critères microbiologiques, comme les coliformes fécaux, les salmonelles, les entérobactéries, etc.
  • Les critères pour les métaux lourds : leur concentration peut être élevée dans les algues en fonction de leur lieu de vie.

Dans l'alimentation, les contrôles de microbiologie sont des tests effectués afin de détecter la présence de micro-organismes (bactéries, virus, champignons, etc.). Ils permettent de vérifier l'absence de contaminants pathogènes susceptibles de provoquer des maladies chez les consommateurs. Ces analyses sont généralement effectuées par des laboratoires agréés utilisant des techniques spécialisées pour identifier et quantifier les agents microbiologiques présents dans les échantillons. Les résultats déterminent si l'aliment est sûr à la consommation.

Les contrôles de métaux lourds évaluent la présence de métaux toxiques comme le plomb, le mercure ou encore l'arsenic. Ils visent à garantir la sécurité des aliments en s'assurant qu'ils ne contiennent pas de niveaux susceptibles d'être nocifs pour la santé humaine. En effet, les métaux lourds sont naturellement présents dans l'environnement (eau, sol, air, etc.) et peuvent être absorbés par les plantes, les algues et les animaux, ce qui explique leur présence possible dans la chaîne alimentaire. À l'inverse, certains métaux comme le fer, le zinc et le cuivre sont essentiels à la santé humaine lorsqu'ils sont présents à des niveaux appropriés.

Les algues utilisées en alimentation doivent satisfaire aux critères donnés dans l'avis Conseil supérieur d'hygiène publique de France (CSHPF), saisine AFSSA n°2007-SA-0007 [1] et figurant dans les deux tableaux ci-dessous :

Critères microbiologiques pour les algues sèches :

Bactéries Teneurs maximales
Germes aérobies mésophiles < 100 000 /g
Coliformes fécaux < 10 /g
Anaérobies sulfito-réducteurs < 100 /g
Staphylococcus aureus < 100 /g
Clostridium perfringens < 1 /g
Salmonella Absence dans 25 g sec

Teneurs maximales en métaux lourds et en iode autorisées en France dans les produits secs :

Éléments Algues légumes ou condiments en mg/kg sec
Arsenic minéral 3
Cadmium 0,5
Mercure 0,1
Plomb 5
Étain 5
Iode 2000

Précisions pour le Cadmium

L'Anses a été saisie en 2017 (Saisine n° 2017-SA-0070) pour évaluer les teneurs maximales en cadmium dans les algues destinées à l'alimentation humaine, un point non encadré par la réglementation européenne, sauf pour les compléments alimentaires avec une limite de 3,0 mg/kg sec (une spiruline en comprimés est un "complément alimentaire" contrairement à d'autres formats comme les paillettes...). En France, le CSHPF recommande une limite bien plus stricte, à 0,5 mg/kg sec. Dans son rapport, l'Anses s'appuie sur des données comprenant 131 résultats de contamination en cadmium (relevés entre 2009 et 2017) qui concernent divers types d'algues et microalgues (macroalgues, spiruline, salicorne) utilisées fraîches, séchées, grillées ou comme ingrédients alimentaires (agar-agar, boissons) et de compléments alimentaires. Les analyses effectuées montrent que 26% des échantillons dépassent la valeur de référence, principalement dans les macroalgues brunes et rouges, la spiruline, pour rappel, n'appartient pas à ces catégories et semble particulièrement épargnée. Le CEVA, insiste sur le fait que les algues ne sont qu'un contributeur parmi d'autres en ce qui concerne les métaux lourds issus de l'alimentation.

Une étude de 2013 [4], qui a analysé 25 marques commerciales de spiruline, a montré qu'aucune ne contenait de métaux lourds au-delà des niveaux jugés acceptables.

Le contrôle des HAP

La spiruline, cultivée en bassins, peut être exposée à des polluants atmosphériques par absorption, notamment les HAP (Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques) : des composés chimiques potentiellement nocifs, dont certains étant classés comme cancérigènes. Le contrôle des niveaux de HAP n'est pas obligatoire, mais conseillé pour la spiruline afin que le produit commercialisé ne présente pas de risques pour la santé. En matière de contrôles, l'EFSA recommande le vérifier des taux des 4 HAP (BaP, BbF, BaA, CHR). Le règlement UE n°2015/1933 mentionne les niveaux de concentration maximale d'HAP pour les compléments alimentaires dont la spiruline : < 10 μg/kg (BaP) et < 50 μg/kg pour le total des 4.

Étiquetage des algues :

Comme tous produits alimentaires, les algues sont soumises au règlement INCO n° 1169 de 2011 [2] avec l'affichage devenant obligatoire de la déclaration nutritionnelle (hormis cas précis noté en annexe de ce règlement*). L'affichage obligatoire des substances allergènes ou pouvant entraîner des intolérances de façon claire pour le consommateur. Les autres mentions à faire figurer sont identiques.

*La spiruline entre dans une dérogation puisqu'elle fait partie des aliments non transformés qui comprennent un seul ingrédient ou une catégorie d'ingrédient.

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Références :
  • [1] Macroalgues et microalgues alimentaires - Statut règlementaire en France et en Europe - Synthèse CEVA 2019
  • [2] Denrées alimentaires : quelles sont les règles d'étiquetage ? - economie.gouv.fr
  • [3] Grosshagauer, S., Kraemer, K., & Somoza, V. (2020). The true value of SpirulinaJournal of agricultural and food chemistry68(14), 4109-4115.
  • [4] Al-Dhabi, N. A. (2013). Heavy metal analysis in commercial Spirulina products for human consumption. Saudi journal of biological sciences20(4), 383-388.



Alain Casal miniature J'explore depuis près de 20 ans les publications de la littérature scientifique qui concernent la spiruline, ses composants et plus largement, les microalgues. Je m'efforce de fournir des articles sourcés et régulièrement vérifiés en fonction des nouvelles données de la recherche.
Alain Casal - Fondateur de Spiruline France.
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